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Nicolas Donin, « Une mimesis automatisée ? L’écriture musicale à base de corpus audio et ses implications esthétiques » vendredi 16 juin 12h00 FORuMIDABLE - 2017

 

La transcription automatique des sons sous forme de partition, naguère chimérique, est devenue une opération banale dans le contexte de la composition assistée par ordinateur au cours des trois dernières décennies. Notamment, certains musiciens du XXIe siècle ont prolongé et renouvelé la technique de la synthèse instrumentale qui avait émergé au sein du mouvement spectraliste dans les années 1970 et consistait à faire jouer par un orchestre les principales composantes fréquentielles d’un son, déterminées préalablement par une analyse acoustique. Plus généralement, la pratique consistant à déduire la lettre d’une partition d’un travail d’analyse et de resynthèse à partir de base de données de sons est devenue une méthode compositionnelle presque virale dans la création la plus récente. Reste à mesurer les implications esthétiques de la banalisation de cette opération. J’essaierai de montrer en quoi elle subvertit le statut habituel de la partition dans la musique contemporaine, rapproche le compositeur d’autres figures musicales autrefois antagonistes (tel le DJ) du fait de leur dépendance à des banques de données audio, enfin suggère de poser à nouveaux frais la question de la mimesis en musique.

Nicolas Donin est musicologue à l’IRCAM, où il dirige l’équipe de recherche Analyse des pratiques musicales (laboratoire STMS, IRCAM-CNRS-UPMC). Ses travaux abordent les musiques savantes des XXe et XXIe siècle en croisant histoire de la musique, analyse d’activité et génétique textuelle. Il est l’auteur d’une centaine d’articles, de courts-métrages et documents multimédia, et a coordonné les collectifs Théories de la composition musicale au XXe siècle (avec L. Feneyrou, Lyon, Symétrie, 2013) et Genèses musicales (avec A. Grésillon et J-L Lebrave, Paris, PUPS, 2015).


 

 

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